Une loi propose de rapprocher Saint-Étienne Métropole et la communauté de communes du pays de Saint-Galmier. La préfète de la Loire, Fabienne Buccio, doit donner sa décision à la mi-2012. Explications.
L'État souhaite depuis longtemps favoriser l'intercommunalité par des groupements de communes notamment. L'un des objectifs est de rationaliser les territoires autour de bassins de vie cohérents. Pour mener à bien cette réforme, une loi publiée en décembre 2010 donne un rôle déterminant aux préfets dans le rapprochement entre les institutions.
Pierre Soubelet, préfet de la Loire, puis Fabienne Buccio qui lui a succédé, ont ainsi proposé le rapprochement de Saint-Étienne Métropole et de la communauté de communes du Pays de Saint-Galmier (CCPSG) pour former une seule grande communauté d'agglomération, forte de 55 communes et de 440 000 habitants. Dans ce cadre, plusieurs rencontres entre les institutions ont eu lieu au cours de l'année 2011.
Les avantages d'un tel regroupement seraient de rationaliser les compétences collectives sur tout le sud Loire : le développement économique, les transports collectifs, la voirie et l'assainissement, les grands équipements (CHU, université...) et la protection de l'environnement, notamment les contrats de rivière... Il faut savoir que la législation prévoit une incitation financière de 32 M €, dégressive sur 5 ans.
Saint-Étienne Métropole s'est montrée favorable à cette opération et le 14 décembre 2011, le schéma départemental de coopération intercommunale a confirmé l'intérêt de ce regroupement à 27 voix pour et 10 contre. 10 communes sur 12 de la CCPSG ont exprimé leur désaccord. En revanche, Andrézieux-Bouthéon et La Fouillouse y sont favorables.
Maurice Vincent, sénateur-maire de Saint-Étienne, considère que le dialogue qu'il a toujours demandé doit être approfondi avec toutes les communes concernées. « Il semble évident aujourd'hui que deux voies sont ouvertes, explique-t-il. La première étant le regroupement global tel qu'il est proposé, avec l'avantage de la contribution exceptionnelle de l'État de 32 M € qui bénéficierait à tous nos concitoyens. Néanmoins, si l'opposition très forte des communes concernées se confirme, il faudrait étudier la possibilité du rattachement d'Andrézieux-Bouthéon et de la Fouillouse à notre agglomération. » Dans cette hypothèse, la CCPSG a proposé de prendre en charge la part qui lui revient des grandes infrastructures à vocation intercommunale (stade Geoffroy-Guichard, musée d'Art moderne, université...). Cette voie impliquerait la perte de la dotation de l'État pour l'ensemble du territoire. Maurice Vincent conclut : « J'ai toujours défendu la première option, car elle correspond mieux à l'intérêt des habitants, mais je reste ouvert au dialogue avec les communes montrant leur opposition, si elles confirment leur refus d'intégrer notre agglomération. »
Après le vote du 14 décembre, le dialogue se poursuit donc pendant quelques mois entre les institutions. La préfète devra statuer et rendre sa décision à la mi 2012.