
Ils se lancent, chacun avec ses appréhensions : Willy veut se faire respecter des musiciens, Thomas se demande comment il va être accueilli dans le milieu du hip hop. Le duo incarne en réalité à la perfection l’idéal musical de Rewind : mélanger tous les styles de musique, car au final, « la musique se nourrit d’elle-même, les courants musicaux sont tous nés les uns des autres. » Il avait remarqué que les rythmes de la musique baroque étaient proches de ceux du hip hop : « il y a quelques années, j’ai vu sur Internet la performance de Kenny Mohammed, le pape du beat box. Il était en queue de pie, accompagné par l’orchestre philharmonique de New York ! » Titulaire d’un brevet professionnel, ce jeune Appelou a tenté la fac de musicologie, mais « chanter en latin, ce n’était pas mon truc... » Ce qui ne l’empêche pas d’avoir un vrai regard sur la musique et c’est presque en militant que Willy s’est forgé une philosophie très personnelle : « je veux mélanger le jazz, la musique ancienne, le rap et abattre les barrières entre ces mondes musicaux et surtout entre les gens. Je veux montrer aux jeunes qu’ils ont leur place partout : au théâtre, à l’opéra et dans n’importe quelle salle de concert de musique actuelle. »
Concerto pour beat box et piano
Selon lui, tous les musiciens devraient pratiquer la « musique libre ». Ce discours n’est pas une posture chez le jeune homme : dans le cadre de son activité professionnelle – il est médiateur culturel à la maison de la culture à Firminy – il a développé une nouvelle forme de pédagogie, pour créer la rencontre. En avril, par exemple, la FJEP à la Métare accueillera un projet associant des jeunes du centre de loisirs et de l’école de musique. Il a déjà fait chanter une chorale de seniors avec des enfants qui slament... Bach in the days est un bon support pour montrer aux enfants les mariages musicaux réussis. L’Agef à Montreynaud s’est montrée intéressée, le Fil a proposé une résidence de quelques jours en janvier et d’autres contacts dans la région se sont déjà manifestés.
À fond pour zéro regrets
Mais l’aura de l’artiste s’élargit et, outre son spectacle, les plans de Rewind dépassent les frontières de la Loire : il s’est construit une belle notoriété dans le monde du hip hop en ayant remporté le battle of the year en 2007. Il va aussi participer à un festival de musique électroacoustique de Radio France, dans le prestigieux studio 104 de la Maison de la radio à Paris. « Là, je veux montrer que le beat box peut se marier à n’importe quel groupe musical ». D’autres idées ont germé : participer au championnat de France par équipe en 2011 et d’autres choses encore, mais chut, le garçon est prudent... Néanmoins les touches se multiplient. « Je veux me donner à fond maintenant. Je ne veux pas avoir de regrets à 35 ans... » Si une qualité caractérise notre homme, c’est bien la détermination ! Et il y a tout lieu de croire que cela va l’emmener quelque part. « 2009 a été l’année de la galère pour construire mon concert, j’aimerais que 2010 soit celle de la professionnalisation et pourquoi pas celle du champagne ! » En attendant, Rewind – qui signifie rembobiner en anglais, un terme très employé chez les DJ – peaufine Bach in the days, dont la première aura lieu au Firmament, à Firminy, le 12 février prochain.







