
M.V. : Nous avons inscrit notre projet dans une perspective de développement durable, pour aller vers une ville plus verte. Toutefois, la vraie difficulté en matière de développement durable, c’est de mettre en pratique des idées sur lesquelles tout le monde est d’accord... En effet, c’est dans l’air du temps, mais chacun doit opérer des changements. La réduction des gaz à effet de serre fait l’unanimité. Nous allons donc réduire les embouteillages en ville en supprimant la circulation de transit et en privilégiant les modes doux (transports en commun, vélo) et la marche à pied. Cela induira des changements pour certains habitants et un temps d’adaptation sera sûrement nécessaire. Mais le fait de pouvoir apprécier un centre-ville beaucoup plus agréable fera rapidement consensus.
Quelles sont les grandes lignes ?
M. V. : Cela tient en quelques grandes idées : réduire la présence des voitures qui ne font que traverser la ville, orienter les automobilistes vers les parkings souterrains et revoir les traversées de la Grand rue aux extrémités du plateau piéton. Il s’agit également de retrouver les terminus de bus en centre-ville pour rapprocher les habitants des quartiers et, enfin, inviter le vélo en ville. Le verdissement des rues est un élément essentiel de notre réflexion, sans parler d’un travail sur l’éclairage du centre-ville et les façades...
F. P. : Je souhaite sensibiliser les Stéphanois sur le point suivant : nous ne réduisons pas le stationnement. Les rues qui filtreront la circulation comportent très peu de places de parking : la rue Aristide-Briand en compte quelques unes et celle longeant la place Jean-Jaurès le long de l’Hôtel de Ville n’en comporte aucune. En revanche, nous prévoyons une politique tarifaire intéressante pour le stationnement et nous conforterons l’offre sur le secteur du Clapier. La piétonisation n’entraînera donc pas de réduction de la capacité de stationnement à Saint-Étienne.
Comment avez-vous pensé l’espace piéton ?
F. P. : Dans l’espace partagé, les voitures, les bus, les taxis, les livreurs et les cycles cohabiteront... Mais il faut savoir que la priorité sera toujours donnée aux piétons : je considère que c’est à cette seule condition que Saint-Étienne gagnera réellement en qualité de vie. L’essentiel est de limiter l’accès des voitures qui ne font que traverser le centre ville sans s’y arrêter. Ces automobilistes seront incités à utiliser le boulevard urbain.
M. V. : L’originalité à Saint-Étienne, par rapport aux villes qui ont piétonisé les rues, c’est la Grand rue et les rues étroites. Tout doit se faire en fonction de cela, et de ce fait, les options choisies ne ressembleront pas à ce qui se fait ailleurs. Notre plan de piétonisation est à la fois ambitieux et raisonnable. Ambitieux car c’est un vrai centre piéton qui induit des changements et raisonnable car il reprend la géographie que les Stéphanois connaissent, entre la préfecture et la place du Peuple. Ce sera un réel moteur pour dynamiser l’attractivité de la ville, des logements et des commerces. Je suis bien conscient que cela conduira à des modifications d’habitudes, mais j’en suis convaincu, chacun en verra rapidement le bénéfice...








