
Partager l’espace
La concertation menée auprès des Stéphanois cet automne a permis de connaître leur vision du centre-ville et leurs priorités parmi les actions à conduire pour améliorer son attractivité. Elle a révélé, par exemple, que les habitants souhaitaient le retour du végétal en ville, des trottoirs plus praticables et un cadre de vie plus agréable où les modes doux (piétons et vélos) ont toute leur place... À la suite de cette concertation, les contours du projet se dessinent déjà et l’on constatera les premiers aménagements dans les rues dès le mois d’avril.
Le projet s’appuie sur un grand principe : aménager un centre-ville où l’automobile partage l’espace avec l’ensemble des autres usagers (transports en commun, piétons, vélos, personnes à mobilité réduite...). Dans les faits, il s’agit de s’inscrire dans l’évolution actuelle de la plupart des villes françaises, qui offrent plus d’espace à l’homme dans la rue et moins à la voiture. À l’inverse de ce que l’on pouvait vivre dans les années 80 où l’automobile était reine ! Tout le monde se souvient des véhicules circulant au bas des marches de l’Hôtel de Ville. Aujourd’hui, nul ne penserait plus retrouver cette configuration de la place...
Une plus grande place accordée au piéton
Pour construire un centre-ville agréable à vivre, durable et performant, quelques éléments définissent le projet, sans lesquels aucune amélioration réelle de la qualité de vie ne serait envisageable. Ce sont la piétonisation de certaines rues - on passera de 52 000 m2 d’espace actuellement dédié aux piétons à 75 000 m2 -, la simplification des principaux itinéraires automobiles d’entrée et de sortie du centre-ville, le passage des lignes de bus dans l’hyper-centre et le développement d’itinéraires cyclables. Une optimisation de la politique de stationnement est également l’un des volets du projet.
Rappelons-le : la philosophie qui a dicté les choix est le meilleur partage de l’espace entre tous les usages. Certaines rues très passantes, dont la largeur ne dépasse pas 7 mètres, sont devenues des points noirs de circulation, y faire cohabiter piétons, bus, automobilistes, cyclistes n’est aujourd’hui plus à l’ordre du jour. L’heure est à l’équilibre et au partage.
L’évolution nécessaire des usages
L’objectif est donc de modifier certaines pratiques, notamment automobiles, pour limiter au maximum le trafic de passage dans l’hypercentre. Autrement dit, les personnes allant d’un quartier à l’autre ou souhaitant seulement traverser Saint-Étienne seront invitées à utiliser le boulevard urbain. Pour cela, un système de bornes sélectives sera mis en place, protégeant les principales places publiques. L’accès au centre-ville sera de fait facilité pour les personnes ayant une réelle motivation à y venir, tels les riverains, visiteurs, commerçants, artisans, dépanneurs, clients... Les automobilistes devraient circuler, en effet, plus facilement dans des rues au trafic allégé où ils seront dirigés vers les parkings ayant des emplacements disponibles. Il sera ainsi plus facile de faire ses achats dans le centre-ville. Par ailleurs, la place laissée libre par le flot diminué de circulation de transit ira au bénéfice des autres usagers et permettra notamment la création d’un plateau piéton dit « partagé » et le retour des bus en centre-ville dès septembre. La conséquence immédiate sera moins de pollution sonore, visuelle et atmosphérique, plus d’espace et un cadre de vie qui pourra être aménagé autour des besoins des piétons et autres modes doux : installation de bancs, plantation de végétation, pistes cyclables.









